Posts Tagged ‘fragment’

prose la moindre des choses

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Je me demande ce que je fais là, à rager contre mon soi-disant manque d’inspiration alors qu’il ne s’agit que de se pencher sur le clavier et de laisser parler les touches. Ils s’égrènent en me laissant seule, ces mots. Mots qui parfois sont hors de ma portée alors que d’autres fois, ils me viennent en bouche par centaines, déboulant en paquet de mes lèvres. Je reste là, assise sur cette chaise alors que dehors le ciel explose ; la pluie crachée à un rythme de mitrailleuse.

Songeuse, je laisse mes doigts marteler le plastique du clavier, en cadence avec la musique provenant de la fenêtre ouverte. Je me lève brusquement, et me dirige vers la fenêtre, écoutant la civilisation qui rageait, là dehors, pendant que je me trouve en plein milieu d’une rixe avec moi-même. Quel pathétisme, aurais-tu dit de ta voix moqueuse, pleine de sous-entendus. Bien que tu sois à des kilomètres de moi, j’arrive toujours à t’entendre, bien malgré moi. Dehors, j’entends l’orage qui me dicte, mot à mot, sa façon d’être, alors je note, tâchant d’en prendre un peu pour moi aussi.

Sa musique digne d’une formation industrielle envahit l’empyrée de pétarades désaccordées mais qui, à mon oreille, est harmonieuse. Sa rage est comparable à la mienne ; inarticulée mais palpable. La rage de mots pris en boule dans ma trachée-artère, me laissant étouffer…

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nouvelle peu importe

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Encore une fois, je me retrouvais seule face à la bouteille. Ce long moment semblant s’étirer à l’infini, mais qui, au final, n’était l’objet que de quelques heures en douteuse compagnie. Je remâchais quelques mots, retouchais quelques phrases et puis contemplais mon verre, déjà vide. Je me levais non sans peine, titubant légèrement, pour aller le remplir au frigo. J’en renversais un peu par terre, mais n’en fit pas cas. J’aurais bien assez de la journée du lendemain pour ramasser… il avait bien fallu que je sois acculée au pied du mur, encore une fois, pour agir. Parfois, je me surprenais moi-même à penser complètement différemment de ma manière habituelle.

Étant seule avec moi-même, je ne pouvais pas m’empêcher d’écouter ces démons malsains envahissant mes pensées à chaque fois que j’avais un peu de temps à tuer. Trop de temps pouvait tuer un homme, mais pour ce qui était de la femme, elle était déjà morte… enterrée sous un amas de décombres et de déjections provenant de la bouche et des entrailles déversées telles de la bile chaude sur un corps déjà à vif.

Ces entailles percées sont rouvertes à vif par la même personne qui les a taillées, sans même s’en rendre compte; sans même réaliser qu’un coup porté pouvait effectivement marquer. Il ne s’agit que de penser à soi-même, non à l’avenir, ni à ceux dépendant de nous. Tacher, sans espoir de retour, un esprit futile et naïf était drôlement facile, lorsqu’on assenait à répétition des « valeurs » mensongères. Il m’aura fallu bien des années pour retirer une à une les épines plantées dans mon épiderme fragile, mais m’en faudra davantage pour effacer complètement ces souvenirs et réparer ces cicatrices. La bouteille n’est qu’un moyen, en somme, d’endiguer certaines peurs vers d’autres, plus tangibles, et surtout, plus facile à contrôler. Après tout, je ne suis que l’enfant de.. je ne possède pas de personnalité propre; je ne suis qu’une adulte à temps partiel, partiellement déphasée de son milieu par des lacérations. Enfin, certains, dira-t-on, s’en sortent mieux que d’autres, mais reste qu’en dernier, seulement ceux ayant su effacer de leur mémoire pourront relativiser et penser à avoir une existence quasi-normale.

8 août 2008

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poésie cube

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Je suis pure, comme une vierge sur un carré d’asphalte.

Un écureuil tapineur.

Une flaque d’huile à moteur & un corps mort sans vigueur.

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