poésie → l’ennui coule
L’ennui coule de toi comme le gémissement d’un écorché
Tout va bien, me ment le rictus retroussé
Dents grincent. Porte mal fermée
Yeux croisent à peine le fer avec les miens
Mains froides… nuits passées à tes côtés… flancs gelés
L’ennui coule de toi. Épais, visqueux
Goudron le long d’une toiture, dégouttant
Fixant le vide pour mieux s’y aplatir
Sans destin, ni rien
Fondement d’une relation qui… quoi?
Qui, au juste, n’est plus
Goutte au fond d’un puits
Ersatz de vie
Particules de parfum sur t-shirt oublié
Orchestre suspendu de cris silencieux
Projection acidulée sur fond de langue serpentine
Retire-moi. Tes doigts. Viens en moi. Laisse-moi…?
Prends-moi petite mort
Vitrifie l’inconnue possédant celle que j’abhorre
Mange le remords
Attise ton feu
Éteins mon orgasme
Viens te perdre au creux de mes hanches
Jusqu’à ce que se putréfie… ta peau d’albâtre
L’ennui coule entre tes veines gorgées de cyprine
L’ennemi serpente entre des lèvres avides
19 février 2010