Archive for the ‘essai’ Category

essai L’usage des sens

1 Comment

En lisant un recueil d’essais, soit L’usage des sens de Roland Bourneuf, j’ai réalisé à quel point nous prenions pour acquis certaines choses de la vie quotidienne; les éléments de la nature que l’on côtoie à chaque jour, qui ont leur vie propre mais qui ne nous ‘concerne’ pas directement; donc nous nous soucions peu ou pas de leur destin propre…

Chaque objet; chaque lieu dit ‘commun’ de notre vie, passé et présente, se doit d’être regardée autrement que par des yeux blasés et peu portés à être surpris, comme lorsque nous étions enfants et que nous nous émerveillons des heures et des heures durant à observer le vol d’un oiseau ou encore des grenouilles évoluer dans leur environnement naturel, une mare où notre mère nous disait de ne pas nous y aventurer parce que c’était dégoûtant mais notre instinct d’enfant innocent nous dictait d’enfreindre la règle, juste parce que c’est si beau.

L’appareil photo m’offre cette possibilité, à moi, de regarder avec d’autre yeux; avec des yeux vierges car prêt à capter et à garder en mémoire une image, certes seulement un fragment du tout bien plus dense qu’est l’extérieur, mais tout de même assez pour lancer mon esprit et mes pensées vers des pistes que je croyais perdues. Capturer des bâtiments puis les observer sur un écran digital porte à s’extasier sur la froide beauté toute en angles et en espace de ces pièces d’architecture uniques.

À suivre.. ?

Tags:

essai Vision [petit rien]

1 Comment

Dans le noir, les yeux fermés très fort, couchée sur mon lit, les bras en croix, je me mets à visualiser mon appartement, puis le bâtiment en lui-même, puis je descends ses marches usées qui craquent afin de gagner l’ « au-dehors », le grand froid diurne. J’entends la neige craquer sous mes pas alors que je progresse tranquillement, sans hâte aucune, vers… Quelque Part, la Grande Destination… rien de spécial.

Le vent siffle à mes oreilles, tel un amant soufflant son adoration à mon oreille et je souris, faisant face à ce souffle divin m’encourageant dans ma recherche. Peu de gens sont dehors, car personne n’a voulu affronter ce froid du mois de Mars. Pourtant, c’est si beau, l’hiver. C’est si … calme, un peu comme un cimetière. Pas de gazouillement d’enfants qui courent ou de personnes qui jasent entre eux tout en marchant.

C’est plutôt des gens qui marchent en silence, le seul bruit provenant de lourdes bottes Kanuk écrasant la neige à chaque pas. Marchant à pas retenus, de peur de glisser sur la pellicule de glace dissimulée ça et là, sournoisement, sous la couche de neige fraîche. Moi je ne m’en fais pas. Si je tombe, et bien soit. Ça me permettra de renifler l’odeur froide de la glace, c’est tout.

Tags:

essai Essai.

0 Comments

La rivalité de deux arts complémentaires.

Le travail de l’artiste-peintre, et celui de l’artiste-écrivain sont d’une même nature; ils sont seulement différents de par leur forme de création. Les deux œuvres partent d’une même chose : une idée. Ensuite, l’écrivain écrit alors que le peintre peint.
Les deux formes sont complémentaires car un écrivain peut décrire en mots une peinture, l’embellissant avec des mots. Un peintre peut faire une toile représentant un texte, ou encore un poème. Celui-ci peut également prendre une image, déjà existante, et s’en inspirer pour créer une œuvre nouvelle, comme un écrivain peut s’inspirer d’un texte déjà écrit et créer quelque chose d’autre. Utilisant son point de vue ainsi que sa culture personnelle.
Il est également dit que le geste créateur, le fait de créer, d’écrire ou de peindre, est la solution à une souffrance intérieure insoluble. La création est le fruit de la passion, en somme. « A travers l’épreuve et la souffrance qu’elle entraîne, l’artiste se sera forgé et donc, transformé. »[1]. Parfois, certaines œuvres, picturales comme écrites, mettent l’accent sur la manière dont ils écrivent le texte plutôt que sur le contenu. En d’autres mots, le processus de production a davantage ou autant d’importance que sur l’œuvre en tant que telle.
L’image picturale, fondamentalement, est presque toujours utilisée comme point de départ pour la narration. D’autant plus que parfois une œuvre picturale est utilisée pour promouvoir un objet, un service quelconque. Dans ce cas-ci, il s’agit de publicité. Ce qu’on remarque au premier abord c’est en premier l’image, puis ensuite on lit ce qui est écrit dessous. Mais l’un ne va pas sans l’autre. L’artiste ne peut aller sans l’écrivain. Il faut des écrits pour pouvoir expliquer, après la mort du peintre, sa vie.
« Le narrateur laisse « fonctionner » simultanément la vision et le texte. »[2]. De par cette citation, il faut savoir qu’un texte est écrit pour pointer une direction donnée, et non pas pour donner toutes les balises que l’auteur s’est donné. Un texte n’a pas pour but de contrôler le lecteur mais bien de le diriger dans une direction. Il ne faut pas s’abandonner à de fastueuses présomptions en disant que la peinture surpasse la littérature car, dit-on, une image vaut mille mots. Peut-être véridique mais il ne faut pas oublier que sans l’écriture, il n’y aurait pas d’histoire.
Mais sans les dessins que les hommes ont laissés sur les parois de la caverne de Lascaux parfois appelée « chapelle Sixtine de l’art pariétal », (pariétal signifiant les parois d’une cavité) ou encore de l’Altamira (située à Santillana del Mar, près de Santander, en Espagne), nous n’aurions jamais su la période ou les hommes furent assez débrouillards pour dessiner. Nous sommes donc aux prises avec un dilemme, à savoir quelle forme d’art est la prédominante : la peinture ou la littérature ? Pourquoi ne pas simplifier les choses en admettant que les deux « criminels » impliqués sont égaux ! Car l’un ne saurait vivre sans l’autre. Il y a bon nombre de poètes qui ont écrits pour des peintres, et des peintres ayant peint pour des écrivains, notamment Charles Baudelaire, qui a commenté Delacroix, Gautier qui a commenté Ribera, etc.
Également, il y a eu, et il y a, certains peintres qui ont le désir de coucher sur papier – cette pratique se fait de plus en plus rare – les réflexions qu’ils ont amassées au cours de leur pratique. Ils ont un fort sentiment de devoir faire le point et de faire connaître ce qu’ils ont expérimenté pendant leur vie d’artiste. Baudelaire disait de Delacroix qu’il était sûr de lui lorsque venait le temps d’écrire ses idées sur une toile, mais qu’il avait peur de ne pas pouvoir peindre ses idées sur papier. Dali a aussi produit quelques oeuvres écrites, dont Journal d’un génie et Les métamorphoses de Narcisse. Le peindre, productif, a également co-écrit un court-métrage (comportant une histoire plutôt alambiquée), qui est inspiré d’un de ses rêves; Un Chien Andalou.
Bref, écrire et peindre sont tous deux une forme de salut, qui va dans les deux sens, soit la « survie physique et morale »[3] ainsi que pour l’ « aventure spirituelle »[4]. Il faut bien se mettre dans la peau d’un peintre ou encore, d’un écrivain, pour comprendre à quel point les deux disciplines sont interconnectées.

Notes:
[1] Roland Bourneuf, Littérature et Peinture, Québec, L’instant même, 1998. p.71.
[2] Ibid. p.74.
[3] Ibid. p.135.
[4] Idem.